4/02/2013

PETITE HISTOIRE DE L’ECRITURE CHINOISE



Timbres de Chine Année 2011
Date d'émission : 15 Avril 
Sujet : Ancienne Calligraphie chinoise  (Ecriture cursive)
Valeur : 1.20 CNY
Nombre de timbres dans la série : 4 
Dentelure : 13 x 13.5
Imprimeur : Beijing Postage Stamp Printing House



Parmi les écritures en usage aujourd’hui, l’écriture chinoise est la seule qui ait traversé autant de millénaires. Les plus anciennes traces ont été découvertes sur des os ou sur de l’écaille de tortue, gravées à la pointe. Datées à partir du XIVe siècle avant notre ère, ces inscriptions concernent des oracles et témoignent de la relation fondamentale entre la divination et la naissance de l’écriture chinoise : le devin apposait des tisons incandescents sur une carapace de tortue, puis interprétait les craquelures produites par la chaleur ; il consignait ensuite le résultat de sa divination sur la carapace, à proximité des craquelures. Il s’agit déjà d’un système pictographique cohérent, bien que les graphies ne soient pas encore stabilisées. Dans un corpus de 40 000 documents du XIVe au XIe siècle avant J.-C., on a relevé un lexique déjà riche de 
4 672 graphies. 

D’autres inscriptions, fondues dans le bronze des vases rituels, permettent de suivre l’évolution du XIIe au IIIe siècle : on observe un grand nombre de variantes graphiques pour un même caractère et une écriture de plus en plus complexe. 

Au IIIe siècle avant J.-C., l’empereur Qin Shihuang (221-210), englobant l’écriture dans sa politique d’unification de la Chine, demande à son ministre Li Si de mettre un terme à la prolifération anarchique des caractères. Li Si établit une liste de 3 000 caractères dont il fixe la forme. Cependant, le nombre de caractères ne va cesser d’augmenter :
• 8 000 à la fin du Ier siècle de notre ère, 
• 18 000 au IIIe siècle, 
• 30 000 au XIe, 
• 47 000 au XVIIIe, 
• environ 55 000 aujourd’hui dont 3 000 sont d’usage courant. 

Cette tendance à la prolifération, répondant à un enrichissement quasi permanent du lexique, est rendue possible par la nature même des caractères. C’est ce qui explique la grande pérennité de cette écriture. Dans sa politique de lutte contre l’illettrisme (80% en 1949), le gouvernement communiste généralisa l’instruction et chercha à faciliter l’apprentissage de l’écriture. Il promulgua en 1958 une réforme fondée sur la simplification de la graphie de 515 caractères ; cette simplification consiste en une diminution du nombre de traits composant un caractère. En 1995, le taux estimatif de l'alphabétisation des adultes était de 81% (d'après l'Unesco).


LES QUATRES STYLES D'ÉCRITURE 
La tradition définit quatre grands styles d'écriture :
-L'écriture sigillaire 
-L'écriture régulière
-L'écriture des scribes 
-L'écriture cursive


L'ÉCRITURE SIGILLAIRE
C'est celle des inscriptions sur bronze, unifiée par Li Si au IIIe siècle avant notre ère.
Elle reste utilisée pour la gravure des sceaux.


L'ÉCRITURE DES SCRIBES
C'est celle des anciens manuscrits sur soie et sur planchettes de bois. Le tracé des 
caractères est décomposé en traits aux pleins et déliés bien contrastés. C'est la forme la plus ancienne de l'écriture moderne. Les calligraphes la pratiquent pour ses 
qualités graphiques et sa tonalité archaïsante


L'ECRITURE RÉGULIÈRE , OU ECRITURE CARRÉE.
Les caractères s'inscrivent parfaitement dans un carré, les traits sont parfaitement détachés les uns des autres. C'est l'écriture des copies officielles dont s'inspirent les caractères d'imprimerie. Pour les calligraphes, elle exprime la pureté d'une tradition classique


L'ÉCRITURE CURSIVE
C'est l'écriture courante, celle de tous les jours, des notes personnelles et de la correspondance privée. A l'intérieur d'un caractère, les traits sont liés. Plus rapide, elle devient plus cursive. C'est l'écriture des brouillons hâtifs, parfois difficiles à déchiffrer.C'est celle où s'expriment le plus librement les calligraphes.

Source : BNF